Aujourd’hui près de la moitié de la population mondiale vit dans les villes, notre région n’y échappe pas. En 2050 les deux tiers de la population mondiale vivront en milieu urbain. La gestion de cet environnement sera l’un des problèmes majeurs auquel devront faire face l’ensemble des acteurs, dans tous les pays. Les modes de consommation, les déplacements et les activités économiques qui accompagnent la croissance urbaine ont un fort impact environnemental : consommation de ressources naturelles, rejets de déchets et contribution de gaz à effet de serre, nuisances sonores…

Notre collectivité a depuis longtemps intégré cet enjeu. Cela s’est traduit par de nombreuses innovations reconnues par l’ensemble des acteurs de notre région (Collectivités, entreprises, associations) et les populations. Donner du sens à Copenhague, c’est aussi se donner les moyens à hauteur de tous ces enjeux. Ce qui signifie :

- Adopter des normes environnementales juridiquement contraignantes au niveau européen et mondial et améliorer l’efficacité énergétique dans tous les secteurs

- Actualiser nos propositions en matière de politique énergétique à l’échelle de notre région, afin de répondre aux enjeux de la croissance des besoins énergétiques. (Sécurisation de l’alimentation électrique, centrale thermique de Gardanne)

Il n'y a pas de croissance forte sans des réponses crédibles aux besoins énergétiques qui iront en augmentant, en dépit des nécessaires efforts pour chasser les gaspillages et augmenter l’efficacité énergétique.

C’est la raison pour laquelle la promotion et le développement des énergies renouvelables non émettrices de gaz à effet de serre doit se poursuivre et s’amplifier dans le cadre d’un service public, PRIDES CAP ENERGIE, Région seconde en terme d’équiper solaire.

Développer la recherche  vers les énergies nouvelles (hydrogène, fusion nucléaire, ITER, hydrogène et piles à combustibles, charbon non polluant, photovoltaïque, cogénération et géothermie, biomasse, éolien offshore, hydraulique, etc.).
Quelles que soient les sources d’énergies à développer, la question de la maîtrise publique est un choix crucial qui offre les meilleures garanties tant au niveau du social que de la sécurité.

Le droit à l’énergie et les droits sociaux doivent être conçus dans un même mouvement.
C’est pourquoi la privatisation du secteur de l’énergie, par le gouvernement est une erreur et c’est bien l’inverse, la création en France d’un pôle public de l’énergie, point d’appui et levier pour un pôle public de coopération de dimension européenne qui permettra d’atteindre les objectifs nécessaires et ambitieux de réduction de l’émission de GES.
- Mettre en chantier immédiatement un plan national de construction, de rénovation et d’isolation du parc de logement social avec des normes environnementales ( contraire loi Boutin aide financière de l’Etat augmentée - retour de l’aide à la pierre -, crédit gratuit), à l’instar des mesures régionales que nous avons entreprises (Bâtiment med ) CODEBAQUE , EPFR.
- Adopter un vaste plan sans précédent de développement des transports en commun dans le cadre du service public. Les transports publics doivent trouver leur financement par une contribution plus importante des entreprises, du secteur tertiaire, des banques, des assurances, des grandes surfaces. Gratuité des transports.
Développer le fret ferré et fluvial en lieu et place des politiques libérales du tout camion.

Le plan des 7 milliards d’euros annoncé par le gouvernement doit être immédiatement utilisé pour maintenir et développer les centres de tri ferroviaires actuels (Miramas).
Des plans de circulation douce, d’itinéraires cyclables de déplacement des personnels doivent être, dans les villes et les entreprises, systématiquement créés en concertation.

La lutte contre l’étalement urbain doit également être prise en considération afin de réduire les déplacements automobiles. Références réunion CCI PDE.
- Développer les recherches et la mise en chantier de l’automobile propre. Agir pour la mise en vie de la Charte « pour une industrie automobile durable et créatrice d’emploi en Europe ». Création d’un Fonds national abondé par un impôt sur les supers profits des pétroliers comme Total.
- Les déchets doivent être réduits à la source. Pour cela, dès la conception des biens de consommation l’avenir des déchets doit être envisagé. Par ailleurs, il faut poursuivre la politique de collecte et de tri sélectif avec valorisation des déchets. Les technologies propres, comme la méthanisation (gestion des déchets verts), doivent être amplifiées et accompagnées d’un plan de valorisation du méthane produit dans les réseaux urbains par exemple, soit l’inverse du ce qui à été décidé par Monsieur GAUDI N, ancien président de la CUM, avec l’incinérateur de Fos sur Mer. (Déchets des Alpes Maritimes en camion vers septemes).
- Mener des politiques de co-développement avec les Pays en voie de développement, en finir et les politiques antisociales du FMI afin de placer le crédit au service du développement humain et de l’amélioration de l’environnement. Poursuivre le rôle de la région en matière de coopération décentralisée, et porte parole d’une gestion durable de la méditerrané (Réglementation de l’usage de la med)
- Développer la démocratie. Reconnaître des droits nouveaux de regard, de contrôle et d’intervention aux salariés et à leurs représentants sur la stratégie de l’entreprise et son respect de l’environnement( Commission de contrôle des fonds publics). Renforcer les droits des Comités d’Hygiène et de Sécurité des conditions de Travail (CHST), notamment le droit d’alerte pour empêcher l’exposition des salariés aux risques.
- Assurer la souveraineté alimentaire en refondant la politique agricole commune et en prolongeant le moratoire sur l’utilisation des OGM agro-alimentaire ou PGM plein champ.

Amplifier la politique régional de soutien à l’agriculture tournée vers des circuits courts, c'est-à-dire rapproché les Producteurs des consommateurs. Est-il normal qu’il n’y ait plus de producteurs de pommes ds les BDR et que la moitié des producteurs de tomates de la plaine de Berre soient surendettés ?

Alors oui face à ces choix forts de société, qui doit payer ?

Pour réussir la lutte contre le réchauffement climatique, faut-il taper au porte-monnaie de tout le monde ? Pour créer une dynamique utile du local au mondial, le principe de contraintes financières est-il une solution adaptée et suffisante pour que les efforts convergent de façon probante ?

Pourtant n’en doutons pas l’effort à produire en terme d’actions concrètes pour limiter réellement le réchauffement de la planète demande d’énormes besoins financiers. Il faut pour cela mobiliser l'argent public et privé pour atteindre cet objectif.

A propos de la taxe carbone.

Notre refus d’un nouvel impôt au travers de la taxe carbone - ou contribution climat énergie pour le terme plus soft – car elle taxe de façon injuste et inégalitaire les ménages, sans toucher au capital par la suppression de la TP ou de nouveaux allègements des charges sociales des entreprises.

Selon ses promoteurs la taxe carbone doit rendre la consommation d’énergies polluantes plus coûteuse en France, afin d’inciter les ménages et les entreprises à changer leurs habitudes. Elle impose en effet un surcoût par tonne de CO2 émise. Plus une industrie ou un ménage pollue, plus le prix sera élevé. La bourse des droits à polluer va dédouaner les pays riches de leur responsabilité, c’est l’inverse des enjeux de copenhague.

Ils parient avec le poids du nouvel impôt sur les épaules sur le fait que les Français chercheront à faire des économies en limitant leurs déplacements en voiture, en isolant mieux leur habitation ou en baissant le thermostat de leur chauffage. Cela constitue une injustice flagrante parce que les ménages sont des consommateurs captifs des biens de consommation qu’on met à leur disposition sur le marché.

« Sous un apparat écologique », les associations de consommateurs, comme l’UFC-Que Choisir ou la CLCV (Consommation, Logement et Cadre de Vie), redoutent en fait de voir apparaître une « TVA repeinte en vert », alors que les ménages ne pourront pas baisser facilement leur consommation.

Cet impôt fera-t-il nettement baisser les émissions de CO2 ou s’agit-il d’une mesure antisociale de plus visant, comme l’a dit Rocard ; à « renforcer la compétitivité des entreprises » ?

Cette interrogation critique, nous la partageons d’autant plus qu’elle s’appuie sur une attitude écologique du gouvernement tout autant critiquable.

En effet, ce gouvernement tente de relancer l’économie du pays avec des mesures en contradiction avec les propres intentions du Grenelle : instauration de la prime à la casse et construction de nouvelles autoroutes pour l’automobile et les camions, ouverture des grands magasins le dimanche (favorisant encore les grandes surfaces en périphérie), relèvement à 30 km de la distance domicile-travail considérée comme « raisonnable » pour qu’un chômeur accepte une offre, instauration du bouclier fiscal inique qui favorisera la capacité de polluer des ménages favorisés…
Oui on est en droit de douter de la sincérité écologique du projet ! D’autant plus que L’Etat tente de démantelér son réseau ferroviaire régional au profit de la route, rendant la voiture pratiquement indispensable dans les régions rurales. On peut donc tout à fait comprendre (et partager) le rejet d’un tel projet.

Finalement ce gouvernement qui veut prendre le leadership mondial du combat contre le réchauffement climatique est face à une contradiction majeure car comme il l’a réaffirmé « pas d’atteinte au pouvoir d’achat et pas d’augmentation des prélèvements obligatoires ».

Nous ne sommes pas opposés par principe à l’existence d’une fiscalité environnementale. Elle existe déjà en partie avec des réductions d’impôt sur le revenu des ménages dès lors qu’ils investissent dans des technologies propres ou bien dans l’utilisation des énergies renouvelables pour leur habitation. Par ailleurs, le contribuable local paye pour le poids de ses déchets avec la taxe sur les ordures ménagères, il peut payer selon les villes la taxe d’électricité ainsi que sur l’eau…

Compte tenu de l’enjeu considérable que constitue l’effort à produire pour rentrer dans les clous de la réduction de 40 % de l’émission des gaz à effet de serre, c’est à une autre échelle que doivent être mobilisés les financements.

Il faudrait aussi, au lieu des privatisations, développer un véritable service public nouveau pour lutter efficacement contre le réchauffement climatique. Il organiserait des actions directes pour la transformation du système productif et de consommation et développerait des interventions sur les gestions des entreprises pour les responsabiliser.

Il s’agit de faire respecter des normes écologiques efficaces, de même que nous voulons des normes sociales de progrès pour l’emploi, la formation, les salaires, et d’impulser tout autre orientation des gestions d’entreprise ».

Par ailleurs, nous devons continuer de porter la création d’un pôle public bancaire, afin de diriger le crédit vers le soutien à la création d’emplois et à l’investissement pour l’amélioration de l’environnement.

Toutefois le cadre régional, national ne peut suffire comme on l’a déjà vu pour être efficace. La réorientation de la construction européenne et des missions de la banque centrale doivent être au cœur de toutes les mobilisations.

Il s’agit d’en finir avec l’exacerbation de la concurrence dans l’énergie et les transports, en finir avec les privatisations conduisant au dumping social et environnemental, au tout-camion pour la circulation des marchandises, au détriment du rail, du ferroutage et du fluvial. A l'inverse il faut développer des coopérations européennes entre services publics.

Nous considérons, face à l’urgence climatique et des enjeux liés à la mobilisation financière qu’une autre utilisation de l’argent doit maintenant se traduire.

Il en est ainsi de la réduction des dépenses militaires. Nous proposons de les réduire de 20 % d'ici 2020 pour l’école, la santé et l’environnement (restauration des écosystèmes et adaptation au cght climat). Pour cela nous proposons de les réduire de 2 % par an à partir de 2011 jusqu'à 2020 sur la base des dépenses militaires de 2010, le désarmement nucléaire devrait accélérer les choses.



Ce prélèvement alimenterait un Fonds mondial auprès de l'ONU (agence environnement dont nous demandons la création), environ 200 milliards par an en 2020. La taxe sur les mouvements de capitaux pourrait également alimenter ce fond.

Nous pourrions également revitaliser le combat de la taxe Tobin sur les transactions financières comme cela est à nouveau proposé par différents ministres européens. Chiche !

POUR CONCLURE :

Agir pour faire entendre notre voix à Copenhague pour construire avec d’autres un rapport de force politique qui allie croissance et progrès social, lutte contre les inégalités sociales du local au mondial avec préservation de la planète.

Un principe politique qui allie mesures financières, fiscales et politique publique concrètes, sous maîtrise citoyenne.

La Région Provence-Alpes-Côte d'Azur, s’y est engagée allons plus loin.