jeudi 11 juin 2009, 15:27
Changer de nom ? Même PACAp’, par Jean-Marc Coppola
Provence, Alpes, Côte-d’Azur. Trois territoires, trois identités, une seule région. Si la dénomination reflète bien la diversité de notre collectivité, son détournement en sigle n’est pas gratifiant pour les Provençaux, les Alpins et les Azuréens. Faut-il pour autant en changer ou simplement mettre fin à cette manie d’une époque où tout terme dépassant un certain nombre de lettres est victime d’une abréviation ? C’est certain, « PACA » est loin de valoriser les atouts de notre région. Mais un nom n’est pas une marque. Et si processus de changement il y a, il ne peut être entrepris comme une simple affaire de marketing. Souvenons-nous de la mésaventure de notre voisine, contrainte à remballer son onéreuse campagne de communication à laquelle n’adhérèrent pas les habitants du Languedoc-Roussillon. La véritable question est celle de la place et de l’identité des collectivités territoriales dans le paysage démocratique de notre pays. La nôtre se nourrit certes d’un riche passé mais se fonde avant tout sur notre présent, sur ses 4,7 millions d’habitants, venus d’ici et d’ailleurs, qui vivent et travaillent ensemble. Notre identité se construit également en prenant appui sur l’institution régionale. En effet, si aujourd’hui, la région apparaît comme un territoire solidaire et volontaire, dont la cohésion ne souffre pas de l’étendue, si elle dispose d’une opinion favorable de sa population, c’est le fait des choix politiques que la décentralisation nous a permis d’opérer. Aujourd’hui, le gouvernement cherche à transformer les collectivités en sous-traitants de sa politique. C’est pourtant dans le sens du renforcement des champs d’intervention publique, à tous les échelons, qu’il faudrait aller pour ouvrir la voie à de réelles politiques de transformation sociale qui changent concrètement le quotidien des citoyens. Alors soyons clairs, une chose est sûre car elle fonde aussi notre identité : notre région n’est pas à vendre.


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