Témoignage de Catherine Lecoq, conseillère régionale communiste et vice-présidente du Mouvement de la paix en Provence-Alpes-Côte-d'Azur
J’étais dans le piège. Un piège mis en place conjointement par les forces de l’ordre et les "blacks blocks". Nous étions là pour dénoncer la réintégration de la France dans l’Otan et la surenchère de l’armement. De façon pacifique. Cela va de soi, au Mouvement de la paix !
Après 14 heures de bus pour rallier Marseille à Strasbourg, après avoir fait de multiples détours , nous nous sommes retrouvés, à peine arrivés, comme projetés, dans un chaos ahurissant. Nous, les pacifistes, étions la cible de lacrymos tirés à bout portant ou depuis des hélicoptères, et de pierres lancées par les casseurs non sans avoir essayés de contenir ces derniers jusqu’à en venir aux mains !
Nous avons même tenté de parlementer avec les CRS qui s’avançaient, menaçant, continuant à tirer leurs grenades sur les pacifistes qui essayaient de se replier ne sachant plus où aller dans une grande panique. Tous nos efforts furent vain.
Je porte donc plainte pour "mise en danger d’autrui" auprès du Préfet et j’enjoins tous les manifestants pacifistes à faire de même. Je suis élue régionale communiste, donc une élue de la République, active pour la culture de paix, écoeurée et révoltée par ce que j’ai vécu que je dénonce comme un déni de démocratie d’une rare violence.
Je m’associe aux habitants rencontrés des quartiers dévastés,en chemin, qui payent aujourd’hui les manipulations de Mme Alliot- Marie et M. Sarkozy. Car c'est l'Etat et le gouvernement qui ont voulu que notre message d’alerte soit relégué en fond des images violentes et suscite un amalgame dans l’opinion publique. Ils portent l’entière responsabilité de ces évènements pitoyables.
Catherine Lecoq




















