Déclaration de Jean-Marc Coppola, président du groupe Communiste et Partenaires de la Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur.
Le 12 février prochain, Jean-Louis Borloo, ministre de l’aménagement du territoire et du développement durable, annoncera le choix du tracé de la ligne grande vitesse (LGV) en Provence-Alpes-Côte-d’Azur.
Souhaitons que ce ne soit pas encore un effet d’annonce, car cela fait 20 ans que ce choix aurait dû être fait. 1989, au moment où le choix du TGV Méditerranée a été arrêté, la branche Nice a été abandonnée du fait des oppositions.
Depuis 2001, date de la mise en service du TGV Med que personne ne conteste, c’est un véritable succès au regard de l’explosion du nombre de voyageurs et Marseille renaît et la Provence est dynamisée.
La Région paie cher ses retards, particulièrement dans le domaine des transports, et nous le paierons encore plus cher si nous restons passifs face à la croissance démographique actuelle et à venir.
Il a par exemple fallu dix ans pour arriver à faire circuler de 250 à 700 TER par jour, grâce à la volonté politique de l’exécutif de gauche élu depuis 1998.
Merci à la droite régionale de l’époque qui, par son manque de courage à construire et moderniser des lignes (Pertuis-Aix, Cannes-Grasse, Cannes-Nice, Marseille-Aix, …), avait laissé notre territoire dans un état de désuétude.
Merci à la droite au gouvernement qui ne cesse de mettre des bâtons dans les roues de la majorité de gauche régionale qui a l’audace de vouloir créer des voies supplémentaires entre Marseille-Aubagne, Cannes-Nice et poursuivre le TGV vers Nice et l’Italie.
Merci à cette même droite gouvernementale qui supprime des moyens humains à la SNCF, avec, comme conséquence inévitable, la dégradation de la qualité du service public que la Région commande à cette entreprise pour les déplacements journaliers.
Pour décider, le gouvernement peut s’appuyer sur le profond débat public qui a été organisé.
Ce débat n’a pas choisi un tracé particulier mais il a conclu sur la nécessité de la ligne LGV PACA. A présent, le gouvernement doit avoir le courage de trancher au vu de toutes les informations qu’il possède.
Pour débuter l’année 2009, le nouveau Président du Conseil général des Alpes-Maritimes s’est positionné pour le tracé de la LGV PACA le long de l’autoroute A8. Dans quel but l’a-t-il fait ?
Simple prise de position ? Etait-il en mission du ministre pour voir les réactions en Provence qui ne se sont d’ailleurs pas faites attendre ? Provoquait-il lui-même qui, dans le même temps, souhaite développer le rail, fustige les cheminots grévistes et appelle à durcir le service minimum (loi inefficace autant qu’inutile) ?
Toujours est-il que rien ne serait pire que la politique de l’autruche.
S’il y a débat, débattons, argumentons mais surtout surmontons les contradictions car nous sommes convaincus que les inquiétudes des populations concernées peuvent être prises en compte et dissipées.
Nous le disons à nouveau, les élus communistes de la Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur sont pour une ligne à grande vitesse qui rejoigne l’actuelle ligne à partir de l’agglomération marseillaise, qui longe l’autoroute A8 vers Nice et l’Italie.
Nous pensons que c’est le bon tracé pour desserrer l’étau du littoral et oxygéner notre Région où 80% de la population vivent sur 20% du territoire.
Il est urgent de créer une infrastructure propre, en liaison avec les TER, les agglomérations, les villages, car notre Région possède des infrastructures dépassées, obsolètes et dangereuses pour son harmonie, le bien vivre et le développement économique et social.
Nous ne pouvons pas ainsi laisser dire le maire d’Aix-en-Provence que le TGV serait un moyen de transport antiéconomique et anti-écologique. Prend-elle au moins le train avant d’avancer de telles balourdises ?
Nous ne cesserons de répéter qu’en matière de tracé, il n’est pas souhaitable de faire de la surenchère et qu’il est urgent de se mettre du côté de l’intérêt général, afin de désenclaver notre Région. Nous devons également penser aux futures générations avec lesquelles nous partageons le désir de transports alternatifs à la route, source de pollutions et d’insécurités.
Tous ensemble, donnons-nous tous les atouts en exigeant le tracé le plus réaliste financièrement et connecté au réseau TER de notre région.
Que les élus de gauche comme de droite, présidents d’exécutifs et parlementaires, soient cohérents à Paris et dans leurs villes et départements pour
- finir les travaux de la troisième voie littorale dans le 06 et ceux de la troisième voie Aubagne – Marseille ;
- poursuivre la modernisation d’Aix–Marseille dont la 1ère phase vient d’être mise en service ;
- réaliser la liaison Avignon TGV – Avignon Centre – Carpentras ;
- rouvrir la ligne Carnoules – Gardanne au service Voyageurs ;
- réaliser la liaison Digne – Saint-Auban et moderniser le Val de Durance ;
- engager les études de la percée ferroviaire sous le Mont Genèvre.
Tous ces dossiers inscrits au précédent Contrat de Plan et au Contrat de Projet 2007 – 2013 sont complémentaires à l’axe LGV qui structurera les déplacements longue distance pour les habitants de notre région.
Il est urgent de ne pas rater une deuxième fois l’aménagement durable de nos territoires, dans le respect des populations et de l’environnement, et de ne pas pénaliser les habitants de notre Région.
Le gouvernement doit prendre une décision, de bon sens pour l’avenir, pour le désenclavement et le développement de Provence Alpes Côte d’Azur.
Marseille, le 21 janvier 2009